7.11.04

Allez... au revoir !

Je ne sais pas si tu le sais, mais c'est très compliqué d'écrire son dernier post. Beaucoup plus que je ne le croyais en tout cas. C'est un peu comme laisser partir quelqu'un auquel on tient : au moment des adieux, on a plein de choses à lui dire, mais finalement, rien ne sort. Parce qu'on ne sait pas vraiment par quoi commencer. Ou parce qu'on ne sait pas comment les lui dire. Ou parce qu'on sait que c'est de toute façon déjà trop tard. Là, en l'occurrence, c'est juste que je ne sais pas comment finir cette histoire. C'est toujours difficile de mettre un terme à une expérience partagée avec quelqu'un. Même si on voudrait que ça continue, on ne fait malheureusement pas toujours comme on veut dans la vie.

C'est marrant, ce blog m'aura accompagné pendant la période la plus kiffante de toute ma courte vie. Tu as eu de la chance finalement. Si si, c'est vrai, même pas de la blague. Quand j'y pense, j'ai rarement pleuré sur mon sort et je ne me suis pas souvent plaint sur ce blog. Pas tant parce que j'avais des scrupules à le faire, mais tout simplement parce que je n'avais pas de raison de le faire. Je ne t'ai pas tout raconté, mais depuis septembre 2003, j'ai vécu des tas de trucs incroyables et rencontrés plein de gens géniaux. C'est marrant, pour tous mes petits camarades, cette période a été plus ou moins moisie. Il faut croire que j'ai eu droit à quelques privilèges. En même temps, il faut bien reconnaître que je me suis aussi bien bougé le cul pour ne pas laisser passer une occasion de vivre une expérience nouvelle et tripante. C'était mon nouveau credo. Un mélange de plein de credi en fait (un credo, des credi), pour vivre la vie comptant et content (alors là, je dois dire que je ne suis pas peu fier de cette phrase, qui est au jeu de mots ce que Kyo est à la chanson française, pour un dernier post, c'est pas mal, je m'en vais la tête haute) : "Carpe diem", "Vivre la vie à fond les ballons" "Mieux vaut vivre de remords que de regrets"… j'en passe et des pires. En gros, dès qu'il y avait moyen de faire quelque chose que je pourrai ensuite te raconter avec plus ou moins d'emphase, je me jetais à l'eau. D'ailleurs, quand j'y pense, ce blog m'a peut-être permis de faire des trucs que je n'aurai peut-être pas osé faire sans. Hin hin... A creuser. Pour les rencontres, c'est un peu plus compliqué. Il faut être deux pour ce genre de choses… On va donc dire que j'ai eu de la chance. Beaucoup de chance même, dans certains cas.

Malheureusement, malgré toute ma bonne volonté, là, je dois bien me rendre à l'évidence, cruelle et implacable : tout ça est derrière moi et je retourne peu à peu à une vie vide. Vide de gens et vide de sens. C'est un fait. Un de plus, rien de plus. J'ai retrouvé tous mes potes de Lyon, et ça me fait plaisir et on rigole bien et c'est la fête, mais bizarrement, j'ai l'impression de déjà les connaître par cœur, de déjà tourner en rond avec eux, de jouer pour la deuxième fois la représentation que nous avions donnée le trimestre dernier, avec didascalies mais sans coup de théâtre. Donc forcément, je m'emmerde. Les seuls changements un tant soit peu notables par rapport à l'année dernière sont les histoires dignes des "Feux de l'amour" qui font leur apparition au sein de ma bande. Sauf que pour le coup, je m'en serai bien passé parce qu'il n'y a rien de plus relou et explosif que des tensions sexuelles à l'intérieur d'un groupe… Et quand, en plus, je sers de psychologue officiel à tout ce petit monde, c'est la goutte d'eau qui met le feu aux poudres.

En parlant de poudre et même si ça n'a aucun rapport, je travaille beaucoup aussi. Ça n'arrange rien à l'histoire. Tu pourrais avoir du mal à le croire, mais c'est pourtant vrai. Ma bellle école de management a, semble t-il, resserré les vis et l'impact sur mes vices à moi n'est pas négligeable. Je ne sais pas si c'est parce que je vieillis inexorablement, mais je ne fais plus autant la chouille qu'avant et, surtout, je ne bois plus autant qu'avant. Et c'est bien là tout le drame. Qu'est-ce qu'une bellle école de management sans ses écoliers bourrés ? Elle est en train de perdre son âme, c'est moi qui te le dit. Mais, du même coup, moi aussi, et c'est ça le pire. Dire qu'il y a encore seulement quelques mois, je sortais du boulot à 17h pour aller au pub où je buvais mes six litres de bière comme du petit lait. Tout ça me paraît tellement loin…

Voilà donc où j'en suis aujourd'hui. Pas de temps pour poster de trépidantes aventures qui, de toute façon, n'existent pas. C'est légèrement déprimant, je ne te le cache pas. Donc, comme le dit l'adage, je prends mon mal en patience. Le seul truc qui me motive un tant soit peu, c'est la perspective de torcher mon école en six mois et de repartir en stage juste après. A l'étranger. Ou de prendre une nouvelle fois des vacances pour partir. A l'étranger. C'est là où c'est le plus marrant, il n'y a pas photo. En parlant de photos, tu peux aller jeter un coup d'œil ici. A défaut de post sur le sujet…

Je te donne donc rendez-vous Place des grands hommes, pas dans dix ans, mais dans plus ou moins six mois. En attendant, prends soin de toi et n'oublie pas de bien te brosser les dents au moins deux fois par jour avec un dentifrice recommandé par l'UFSBD sinon, ça vaut pas.

En te remerciant.
Bito


Ce magnifique post t'est offert par Bitorigolo @ 22:33

. . . . . . . . . .